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QU'EST-CE QU'UNE COMMUNAUTÉ VIRTUELLE ? En première approche, on pourra se satisfaire de la définition de Rheingold qui signale les éléments essentiels ainsi qu'elle témoigne de la difficulté d'une définition de ce phénomène: "Les communautés virtuelles sont regroupements socioculturels qui émergent du réseau lorsqu'un nombre suffisant d'individus participent à ces discussions publiques pendant assez de temps en y mettant suffisamment de coeur pour que des réseaux de relations humaines se tissent au sein du cyberespace." ( Rheingold, 1995, page 6). Ainsi, Rheingold fait ressortir les composantes indispensables pour qu'il y ait communauté virtuelle: plusieurs individus, des rapports sociaux, un intérêt face au groupe, le tout s'inscrivant dans une dynamique temporelle. Pour sa part, Quéau identifie les communautés virtuelles comme des "environnements virtuels individuels" qui sont mis en relation. Ainsi, il ne faut pas négliger la relation humain-machine qui s'interpose entre les individus au sein des rapports sociaux. Néanmoins, il ressort de ces divergences d'interprétations un élément essentiel : l'existence d'un espace virtuel dont l'essence même est le contact, le rapport à l'autre. Si ces deux définitions se réfutent théoriquement, les exemples que nous fournit l'internet permettent de confirmer l'une et l'autre, sans qu'elles ne s'excluent. Rheingold trouve la justification de sa définition dans les sites collectifs, les mises "en ligne" de l'équivalent de supports matériels ou intellectuels ; la définition avancée par Quéau tendrait, quant à elle, à se vérifier dans les "chats" ou forums de discussion en ligne mais aussi les sites personnels affiliés à Alliance - exemple qui sera développé par la suite. Tout confirme l'idée que les communautés virtuelles, générées par l'internet et sa popularisation, se constituent comme des faits sociaux à part entière.
Un seul être vous manque ... ? Les communautés virtuelles sont des faits sociaux La question se pose alors : Pourquoi peut-on dire que le phénomène des communautés virtuelles peut être considéré comme fait social ? Dans ces communautés, on peut retracer tous les éléments des définitions les plus classiques du "fait social", au sens de Durkheim : - Des manières d'agir, de penser et de sentir communes à une communauté; - Une contrainte dû à l'extériorité des règles; - Des normes sociales qui se construisent collectivement à travers les rapports sociaux à l'intérieur de cet ensemble social. C'est la bi-directionalité des réseaux informatiques qui permet le développement de rapports sociaux riches. En effet, les réseaux informatiques, a fortiori le "réseau des réseaux" qu'est l'internet, favorisent des échanges réciproques et nombreux entre acteurs. Ainsi, l'internet permet de constituer des réseaux de sociabilité, aux connections plus ou moins nombreuses, denses et intenses. Il ne semble donc pas évident que l'internet soit un instrument qui porte atteinte à la socialisation des individus. Dans cette optique, les communautés virtuelles permettent l'élaboration de sociétés, mais virtuellement puisque la distance physique sépare les membres de la collectivité. Un autre point important affleure donc à son tour : l'internet permet de créer, par l'entremise des communautés virtuelles des réseaux de sociabilité qui n'existaient pas par le passé. Ces réseaux ne pouvaient faire abstraction de la distance que seul le son pouvait abolir pour un court moment par le biais du téléphone. Or, avec l'internet et l'essor des technologies dites à "hauts débits" comme l'ADSL, les acteurs se voient offrir pour horizon technologique l'immédiateté du son, de l'image, de l'information en général. Si bien que l'internet promet à court terme la simultanéité : au moins deux internautes, distants de milliers de kilomètres, pourrons envisager de dialoguer, de se voir dans des conditions proches du "réel". L'ambition peut apparaître comme une fausse chance offerte aux internautes; tout un chacun ne peut assurément trouver un "correspondant live" du bout du monde, et pour des raisons évidentes de barrières linguistiques, de décalages horaires, d'opportunités de rencontres. Néanmoins pour les couples séparés, les étudiants, les télétravailleurs, les scientifiques et bien d'autres cette ressource est loin d'être négligeable. A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX ESPACES ? |