A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX ESPACES ?

 

L'internet ouvre à toute personne qui l'utilise une nouvelle dimension de l'espace. Il s'agit de la dimension symbolique de l'espace, improbable siège de toutes les créations artistiques et autres. L'internet offre ainsi la possibilité de reproduire l'espace euclidien que nous connaissons concrètement, à ceci près que chaque internaute peut s'y introniser démiurge, créateur de mondes. Donc créateur de vie.

Le premier exemple est Toodgoard. Espace virtuel, constamment en chantier, il offre la possibilité à tout visiteur de participer à une promenade virtuelle dans un espace tout aussi virtuel, et d'y entrer en interaction avec divers objets qui viennent ponctuer cette balade, voulue comme champêtre. Cet exemple illustre bien la démarche d'imitation, de réplication pourrait-on dire du réel. A ceci près que si l'on recréele réel sur le web, si l'on crée le virtuel à partir d'éléments empruntés au réel, c'est pour permettre des combinaisons impossibles, ou du moins improbables, dans ce même réel. On recrée donc le réel, à partir du réel pour mieux en corriger les imperfections. Cette création de mondes virtuels sur l'internet peut s'interpréter comme une réintroduction de l'idéalisme dans et par la technique.

En effet, la machine peut devenir l'auxiliaire et le complice de cette recréation, qui n'est autre qu'une velléité utopique. L'internaute, devenu démiurge, essaie de concevoir et de pérenniser le "mieux" ou le "meilleur" qu'il puisse à son sens advenir. Cette recréation à dimension utopique est assez remarquablement illustrée par le webing d'Alliance. Ce dernier, baptisé l'Anneau-monde, est une mise en réseau de différents sites personnels qui ont tous en commun de se présenter chacun comme un site dédié à un pays imaginaire, son histoire, ses institutions, son fonctionnment, sa localisation ...

Néanmoins, cette confédération d'états virtuels reste un exercice presque exclusivement ludique; l'Anneau-monde demeure un espace de jeu où chaque nation, sous la férule de son créateur, entre en compétition avec ses rivales. Les points vont ainsi à ceux qui ont l'organisation la plus précise, le système le plus complet, l'esthétique la plus irréprochable. Le cadre resre toutefois le même et le but identique à celui de la seule création virtuelle : créer le monde le plus crédible et le plus achevé. Cette idée n'est d'ailleurs pas lettre morte puisqu'une vingtaine de participants collaborent sur l'Anneau-monde, de tous ages et de tous pays. En outre, un autre webring s'est approprié ce concept, l'Organisation des Nations Virtuelles ou ONV . Ce webring dispose lui-aussi de sa panoplie d'états interagissant les uns avec les autres.

Ici aussi, les communautés s'immiscent. Les communautés deviennent virtuelles, tout comme les espaces qui les abritent et ceux qui les permettent comme l'internet. Mais un trait commun, qui a déjà été esquissé précédemment, est confirmé par ces différents exemples : les communautés ou les mondes virtuels ne sont pas des projets improbables ou des retraites misanthropiques. ce sont des oeuvres qui se veulent régénératrices, utopiques sans le savoir dans la mesure où elles reformulent la société et son mode de fonctionnement.

 

 

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L'INTERNET ET L'INDIVIDU

VERS UNE CONNAISSANCE GLOBALE ?

QU'EST-CE QU'UNE COMMUNAUTE VIRTUELLE ?

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