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L’internet et l’individu : L'ESPACE URBAIN ET LES COMMUNAUTÉS VIRTUELLES Avec la mondialisation de la plupart des sphère de la vie, les villes prennent de plus en plus d'importance dans le développement international. Si on observe le développement des villes au cours du dernier siècle, on se rend compte que l'urbanité n'a plus le même visage. Les villes ont subi de profondes transformations au niveau esthétique, démographique et de la structure urbaine. D'un côté, les villes ayant un visage virtuel sur Internet sont de plus en plus nombreuses et de l'autre, l'organisation urbaine semble laissée à l'abandon. Selon Rheingold, c'est la "disparition progressive des lieux de rencontres publiques dans la vie de tous les jours." (Rheingold, , p. 6). qui pousse les gens à se servir des réseaux informatiques pour construire des communautés virtuelles. Il affirme aussi que "la télématique ouvre aux individus de nouveaux modes d'interaction et la perspective de nouveaux projets en commun..." (Rheingold, p. 6). Les gens cherchent-ils dans les communautés virtuelles ce qu'ils ne retrouvent plus dans les communautés concrètes? Tour d’ivoire ...
L'internet est donc, comme nous l'avons vu un moyen de communication, d'échange; il est également un espace. Or, ce qui caractérise cet espace, c'est bien son ambivalence.Il est un lieu de liberté et de permissivité par excellence, comme les récentes affaires ayant mis au jour des réseaux de pédophiles utilisant l'internet pour leurs trafics, nous le rappelle juste à propos. Il n'empêche que l'internet reste un espace d'échange privilégié où le son, l'image peuvent se transmettre. On a pu ainsi arguer que l'internet n'était qu'un pas de plus dans la course à la "réalité virtuelle". Or, si l'ambition de l'internet n'est pas de supplanter la réalité, car il faudrait pour cela qu'un projet précis puisse lui être assigné, il offre la chance d'ajouter une nouvelle super-structure, une nouvelle dimension au réel. Cette nouvelle super-structure est celle de l'information. Certes, c'est aujourd'hui un truisme, dont la répétition est particulièrement mal venue. Il n'empêche que ce fait est doublement significatif. Tout d'abord, car pout tous ceux qui ont accès à internet, un pas tant qualitatif que quantitatif a été franchi : il leur serait particulièrement dificile dorénavant de tous ces services auxquels ils ont pu s'habituer. D'autre part, parce que l'internet favorise la reproduction et la perpétuation de réseaux de sociabilité difficile à maintenir dans le réel pour des raisons de localisation géographique, de coûts, de disponibilité. Ainsi, le monde se contracte à nouveau, ce qui le rend accessible dans son entier pour tout internaute. D'où l'on peut s'inquiéter d'une fascination à l'égard de ce "petit écran", aux possibilité toujours étendues. L'exemple du courrier électronique, ou e-mail, est assez éclairant. Le courrier électronique permet en effet, depuis chez soi ou un cyber café, d'envoyer des messages à des personnes proches ou lointaines. et ainsi de pouvoir développer des liens amicaux éventuellement. Un autre reproche à l'égard de cette technologie a pu tourner autour d'un "assistanat internet" qui conduirait à négliger les contacts réels, concrets au profir d'une sociabilité floue, limitée et versatile. Mais le risque d'un replis sur soi semble suréterminé. Pour une simple et bonne raison. L'internet facilite la communication mais il ne peut pas en retirer le côté affectuel. L'internet peut d'ailleurs être un excellent adjuvant dans une taxinomie des interlocuteurs. Il y a ceux qui prennent la peine d'écrire régulièrement, plus ou moins régulièrement, exceptionnellement, soit ceux qui standardise la besogne en envoyant de véritables "circulaires" à leurs "amis". Rien que dans cet exemple, l'idéologie du village planétaire tourne court. Mais somme nous pour à plus forte raison, destiné à nous sédentariser devant nos tubes cathodiques? L'internet ne constitue pas non plus une "revanche des introvertis" . Au contraire la masse d'infromations qu'il charie doit constamment rappeler que cette masse rend encore plus pressante la question de sa qualité. L'internet est peut-être même le possible adjuvant d'une altération du processus scolaire de reproduction des classes sociales (Bourdieu,P. ; La reproduction; Ed. De Minuit).Tout est alors question de critique de cette information. Or, à n'en pas douter cette faculté critique ne s'apprend jamais mieux que dans le rapport aux autres, à un milieu social (Durkheim, E. ; Les règles de la méthode sociologique; PUF) ( voir : vers une connaissance globale ?).
...ou les « cents yeux d’Argos » En réalité, la réalité de l'internet ne se résume pas à une multitude d'individus, consultant indépendamment les uns des autres les ressources en réseau. Au contraire, l'internet est un lieu de "mise en scène" par excellence. En effet, beaucoup de sites ne sont autres que des pages personelles, ou "pages perso", mises en ligne à la seule fin d'être consultée. La démarche relève donc de l'intimisme: on parle de choses que nous connaissonst, quenous avons à coeur, qui nous font réagir. Bref, chacun dans une page perso se met en scène. Ainsi, la communication sur l'internet pourrait rejoindre le répertoire des mises en scènes de la vie quotidienne, décrites par Irvin Goffman (Ed. de minuit). Chacun tient à présenter sa passion, son centre d'intérêt comme quelque chose digne d'attention, de respect, de curiosité. On se situe donc dans un cadre parfaitement interactif (interactionniste, dirait les sociologues). Les acteurs sont conscients que leurs action, ou comportemets vont susciter des réactions chez leurs interlocuteurs. Alors, par ces mises en scène, ils tentent consciemment ou inconsciemment d'aiguiller ces réactions. Chacun peut donc se trouver sous le regard de cent autres, de mille autres qui peuvent le juger. Les préoccupations de l'internaute ne sont donc guère éloignées de celles de l'individu concrètement socialisé. Il n'y a dès lors plus aucune opposition entre l'être social, le zoôn politikon dont parle Aristote dès l'Antiquité, et l'internaute de la toute fin du XXè siècle.
Il ressort donc que l'internet, malgré l'anonymat qu'il permet et sur lequel il joue, ne promet pas les individus à la clostration au coeur de "tour d'ivoire", véritables bastions de la singularité dan sun monde où l'espace -temps se contracte et où le temps comme ressource se raréfie. A l'inverse, l'internet nous plonge constamment dans un rapport à l'autre et à sa propre autonomie. Cette interaction passe par tout un répertoire de codes , qui formalise les rapports entre internautes sous la forme autorisation/ interdiction. On parle alors de netiquette, ou nethiquette. Cette interaction est également tributaire de toutes les pratiques qui, sur internet, confronte chaque internaute à l'altérité. Il est important d'ajouter que l'internet peut induire des pratiques directement socialisantes, comme réserver des billets pour un concert ou encore envoyer des curriculum vitae/ lettres de motivations à un nombre appréciable d'employeurs potentiels. Plus encore, l'internet peut-être un médiateur d'engagement pour une cause, un combat ... Il n'est donc pas évident que l'internet et, avec lui, les communautés virtuelles soient des agents de désocialisation. Il y a fort à parier quel'internet joue même en sens inverse, comme les exemples pratiques que j'ai choisis vont tentent de le montrer. A LA RECHERCHE DE NOUVEAUX ESPACES |